Portrait d’entreprise : Technologies MicroMea Inc.
Transformer les déchets en énergie
Fondée en 2025, Technologies MicroMea Inc. est une jeune entreprise issue de la recherche universitaire qui souhaite transformer la façon dont les entreprises valorisent leurs matières organiques. En développant une technologie de micro-méthanisation décentralisée, elle rend possible la production d’énergie renouvelable directement sur le site des entreprises, tout en réduisant les coûts et les impacts environnementaux associés à la gestion des déchets organiques. À la croisée de la recherche, de l’entrepreneuriat technologique et de la transition énergétique, MicroMea propose une solution qui rapproche la production d’énergie de la source même des résidus.
L’entreprise est portée par deux cofondatrices, Juliette Gagnon et Marie-Ève Morissette, qui comportent des expertises complémentaires.
Juliette est diplômée d’un baccalauréat en génie chimique de l’Université Laval et poursuit actuellement un doctorat dans la même discipline. Ses travaux de recherche portent sur la biométhanisation à petite échelle, un domaine qui lui permet de mettre à profit son intérêt pour les bioénergies et les solutions environnementales. Avant d’entreprendre son doctorat, elle a réalisé plusieurs stages dans le secteur des bioénergies, où elle a rapidement constaté le potentiel de cette technologie, mais aussi les limites économiques qui freinent son adoption.
Marie-Ève est diplômée d’un baccalauréat en administration des affaires ainsi que d’un DESS en comptabilité professionnelle (CPA) de HEC Montréal. Elle poursuit également une maîtrise en gestion, avec une spécialisation en comptabilité, contrôle et audit. Son expertise en finance, en stratégie et en gestion lui permet d’assurer le développement commercial et financier de l’entreprise afin de transformer une innovation scientifique en un modèle d’affaires viable et durable.
Le parcours de MicroMea est marqué par son passage chez Entrepreneuriat ULaval. Les cofondatrices ont participé au programme Validation de l’Innovation et du Potentiel (VIP) à l’automne 2024, une expérience qui leur a notamment permis de réaliser une deuxième étude de marché auprès d’une trentaine d’entreprises et de poursuivre la validation de leur modèle d’affaires.
Elles soulignent que l’accompagnement offert est particulièrement bien adapté aux réalités des entreprises issues de la recherche universitaire. Grâce au réseau d’experts et d’entrepreneurs mis à leur disposition, elles ont pu approfondir leurs réflexions sur la propriété intellectuelle, leur stratégie de commercialisation et leur vision de croissance, tout en étant encouragées à développer un projet à la hauteur de son potentiel.
Une idée née de la recherche
Au fil de ses recherches, Juliette a identifié un obstacle majeur à la valorisation des matières organiques : le transport. Les déchets doivent souvent parcourir de longues distances avant d’être traités dans une installation de biométhanisation, ce qui augmente considérablement les coûts et réduit la rentabilité du procédé.
Cette réflexion a progressivement mené au développement d’une technologie permettant de rapprocher la production d’énergie des lieux où les matières organiques sont générées.
Le parcours entrepreneurial de Juliette a également été marqué par le cours d’entrepreneuriat technologique offert à l’Université Laval par Luc Giguère. Cette expérience, combinée au soutien des bourses EGGENIUS, lui a permis de réaliser que ses travaux de recherche pouvaient devenir une entreprise capable de générer un impact concret sur les plans économique et environnemental.
Pour Marie-Ève, rejoindre le projet représentait l’occasion de mettre ses compétences en gestion au service d’une innovation porteuse de sens. Convaincue que les entreprises peuvent jouer un rôle majeur dans la transition écologique, elle a rapidement vu le potentiel de MicroMea pour transformer un enjeu environnemental en solution durable et rentable.
Bien avant de devenir partenaires d’affaires, Juliette et Marie-Ève étaient amies. Elles se connaissent depuis plus de vingt ans, ayant fréquenté les mêmes écoles au primaire, au secondaire et au cégep avant de poursuivre chacune leur parcours universitaire. Cette longue relation de confiance est aujourd’hui un véritable atout pour l’entreprise. Leurs compétences se complètent naturellement : Juliette dirige les volets scientifiques et technologiques, tandis que Marie-Ève pilote les aspects financiers, stratégiques et commerciaux.
Au sein de MicroMea, chacune des cofondatrices met son expertise au service de la croissance de l’entreprise.
- Juliette Gagnon agit comme cheffe de la direction (CEO). Elle est responsable du développement technologique, de la recherche et développement, de la propriété intellectuelle, des partenariats scientifiques ainsi que de la vision stratégique de l’innovation.
- Marie-Ève Morissette occupe le poste de cheffe de la direction financière (CFO). Elle dirige la stratégie financière, la modélisation économique, la comptabilité, le financement, le développement des partenariats, la gouvernance et les stratégies de croissance.
Une innovation issue de la recherche universitaire
La mission de MicroMea est de déployer des solutions de micro-méthanisation simples qui permettent aux entreprises de produire leur propre énergie renouvelable directement sur leur site, tout en réduisant significativement le volume des résidus organiques qu’elles doivent gérer.
Afin de mieux comprendre les besoins du marché, les cofondatrices ont rencontré plus de 90 organisations. Elles ont rapidement constaté que la majorité des entreprises disposent déjà d’un conteneur destiné à l’entreposage temporaire de leurs matières organiques avant leur transport vers un site d’enfouissement ou de traitement.
Plutôt que de modifier complètement cette façon de faire, MicroMea y ajoute un second conteneur spécialisé rempli de bactéries responsables de la biométhanisation. Reliés entre eux, les deux conteneurs permettent un échange de liquide qui transforme progressivement les matières organiques en biogaz.
Cette approche permet de réduire jusqu’à quatre fois les coûts liés au transport des résidus organiques tout en produisant une source d’énergie renouvelable directement sur le site de l’entreprise.
Le biogaz généré est ensuite réinjecté dans les installations industrielles, notamment dans les chaudières utilisées pour les procédés de fabrication ou le chauffage. En parallèle, le volume des matières résiduelles est fortement diminué, ce qui réduit les coûts de gestion tout en limitant les émissions associées au transport.
Une seule unité développée par MicroMea possède le potentiel de produire l’équivalent de la consommation énergétique annuelle d’environ 80 foyers.
L’innovation développée par MicroMea est directement issue des travaux de doctorat de Juliette Gagnon réalisés à l’Université Laval. L’entreprise bénéficie également d’un solide réseau de partenaires scientifiques, notamment l’Université Laval, l’Université du Québec à Trois-Rivières ainsi que le Centre national en électrochimie et en technologies environnementales (CNETE). Ces collaborations permettent d’accélérer le développement technologique et de valider la solution dans des conditions représentatives du marché.
Le développement progresse rapidement. Après avoir démontré le fonctionnement de la technologie à des échelles de 2 litres puis de 200 litres, l’équipe prépare maintenant la construction de sa première unité de démonstration de 20 000 litres. Cette étape marquera une transition importante entre la recherche et la commercialisation.
Une vision ambitieuse
Au cours des cinq prochaines années, MicroMea souhaite devenir un leader canadien de la décentralisation de la valorisation des matières organiques en transformant chaque source de déchets en une source locale d’énergie renouvelable.
L’entreprise mise sur un modèle flexible combinant la vente de sa technologie et une offre de services adaptée aux réalités des entreprises afin de faciliter son adoption dans différents secteurs d’activité.
La première unité commerciale de MicroMea devrait être installée en 2027. Trois autres unités sont prévues dès l’année suivante afin de démontrer le potentiel de la technologie à grande échelle et d’accélérer son déploiement.
Entrepreneuriat ULaval nous offre un accompagnement adapté à notre réalité d'entreprise issue de la recherche universitaire. Grâce à leur réseau, nous pouvons apprendre d'entrepreneurs qui ont déjà parcouru ce chemin. Que ce soit pour le développement de notre propriété intellectuelle ou de notre modèle d'affaires, l'équipe nous pousse à voir plus grand, à nous dépasser et à oser. C'est exactement ce dont nous avions besoin.