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L’heure de pointe avec DéteXion

DéteXion

Innovation technologique

Jérémie Guilbert et Louis-Philippe Dallaire

« L’heure de pointe », c’est une série d’événements qui vise à mettre en lumière les parcours inspirants de personnes étudiantes et entrepreneures issues de la communauté universitaire, ainsi que des professeures et professeurs qui ont joué un rôle déterminant dans leur parcours. Tout cela en dégustant une pointe de pizza.  Le but de cette activité est de démystifier l’entrepreneuriat scientifique et de démontrer que le soutien des professeurs est crucial.  Cette série d’activités est organisée par Entrepreneuriat ULaval et l’Université Laval dans la cadre de la grande campagne de promotion en entrepreneuriat scientifique.

C’est le mercredi 12 juin dernier qu’a eu lieu la première édition de « L’heure de pointe ». Le panel était animé par Émily Cloutier, conseillère au développement de l’entrepreneuriat technologique et scientifique chez Entrepreneuriat ULaval et à la Faculté des sciences et de génie (FSG). À l’honneur lors du panel : les co-fondateurs de l’entreprise DéteXion, Jérémie Guilbert et Louis-Philippe Dallaire, ainsi que Claudine Allen, Professeure titulaire au Département de physique, de génie physique et d’optique de la FSG.

DéteXion est une entreprise qui a été démarrée en 2021, et qui évolue dans le secteur des innovations technologiques. L’entreprise développe des biosenseurs de pointe pour l’identification rapide des agents infectieux et autres bactéries pathogènes. Cette solution innovante permettra de réduire les délais d’attente lors de la réception des résultats.

Les premiers pas en entrepreneuriat
Louis-Philippe et Jérémie ont débuté en soulignant avoir toujours eu la fibre entrepreneuriale : Jérémie voulait se lancer en affaires, mais se cherchait une idée, tandis que Louis-Philippe attendait que le bon projet se présente pour se lancer en affaires. Et c’est avec son projet de recherche qu’il a finalement eu cette opportunité. Ne souhaitant pas se lancer en affaires seul, Louis-Philippe a consulté Claudine, qui l’a mise en contact avec Jérémie.

C’est ainsi qu’en 2021, les entrepreneurs ont commencé leur projet d’entreprise. Trois ans plus tard, DéteXion est sur le point de lancer son premier prototype. Leur aventure a commencé simplement : deux auxiliaires d’enseignement passionnés par la physique et la technologie se sont lancés dans ce projet.

Claudine, quant à elle, a mentionné considérer le transfert technologique qu’elle a effectué comme une manière de leur confier son « bébé ». Elle souhaite donc que les entrepreneurs fassent grandir ce projet et qu’ils en prennent soin.

Le why de DéteXion
Louis-Philippe souligne un problème majeur avec les analyses pathologiques actuelles : la plupart d’entre elles nécessitent des cultures bactériennes en laboratoire, entraînant des délais pouvant aller jusqu’à 48 heures, voire plus. Cela pose un sérieux problème pour la santé humaine, car les médecins ne peuvent pas attendre aussi longtemps pour traiter leurs patients. Ils sont donc souvent obligés de prescrire des médicaments à l’aveugle, ce qui conduit à une surprescription des antibiotiques et, par conséquent, à l’émergence de bactéries résistantes. Pour répondre à ces enjeux, DéteXion développe un détecteur portatif capable d’identifier les bactéries pathogènes en moins de 30 minutes, permettant ainsi un traitement optimal.

Les défis des entrepreneurs 
Jérémie explique qu’être à la fois un étudiant au doctorat et un entrepreneur demande une grande capacité de gestion. Il trouve cependant que ces deux rôles sont très complémentaires, car ils requièrent des compétences similaires comme la gestion d’équipe ou la gestion financière. La principale différence réside dans l’application de ces compétences : en entrepreneuriat, la technologie est mise au service des gens plutôt qu’à la recherche fondamentale. Bien que ce soit un défi impliquant des horaires chargés, Jérémie estime que l’expérience en vaut la peine.

À son tour, Louis-Philippe a ajouté que le plus grand défi reste la valorisation de la recherche, ce qui nécessite un changement de mentalité. Les chercheurs ont souvent tendance à inventer un produit puis à essayer de le vendre, ce qui pose problème lorsque les technologies développées ne répondent pas à un besoin réel. Il estime qu’il est crucial de développer un produit en fonction des besoins du marché.

Néanmoins, ce processus est long et demande beaucoup de patience : ayant commencé en 2021, les entrepreneurs prévoient commercialiser leur produit en 2025. Ils nomment qu’au début, les délais peuvent sembler décourageants, mais qu’il faut accepter que de travailler en deeptech prend du temps. Jérémie avertit qu’il ne faut pas s’attendre à transformer rapidement une innovation technologique en un produit commercial à succès.

Des conseils pour les aspirantes et aspirants entrepreneurs

Le conseil de Louis-Philippe
« Le parcours de tous les entrepreneures et entrepreneurs est différent, mais la première étape devrait toujours être la même : s’entourer des bonnes personnes, des bonnes ressources. On est allé chercher des bourses, on est allé voir Entrepreneuriat ULaval, on a grossi notre réseau. »

Le conseil de Jérémie
« Mon conseil pour les étudiantes et étudiants : ne pas avoir peur d’entreprendre des choses. Souvent on me demande si on est vraiment capable de mener un tel projet, en plus de mes études ? La réponse c’est oui, surtout quand on est jeune : c’est là qu’on a l’énergie et l’enthousiasme pour y arriver ! »

Le conseil de Claudine
« La persévérance et la confiance. Tu ne sais pas ce qui t’attend, mais inquiète toi pas, ça va finir par arriver. J’ai déjà vécu une situation où j’essayais d’obtenir un brevet avec une équipe. Pour des raisons circonstancielles, on n’a pas avancé au-delà du brevet. J’ai mis le projet dans mon tiroir pour 5, 6, 7, 8 ans. Je me suis dit que j’allais attendre la prochaine opportunité, trouver d’autres personnes en microbiologie avec qui travailler pour essayer encore, et c’est là que je suis tombée sur Louis-Philippe ! Donc si je n’avais pas persévéré, je n’aurais pas eu cette chance. »